« C’est toute une histoire » : Rumilly 1986, les Rouges et Noirs victorieux !
Article du 25/04/2026
Tweet
Un souvenir inoubliable pour les fans de la première heure du FCSR, celui du Bouclier de Brennus ramené à Rumilly le 1er juin 1986. Une bande de copains, des joueurs talentueux, des supporters en or, un entraineur remarquable, telle était la recette pour remporter le championnat de France 2ème division. Dans « C’est toute une histoire » avec Amélie de ce mercredi 22 avril à 7h20, revivez l'épopée des Rouges et Noirs qui a marqué toute une génération et fait entrer Rumilly dans l’histoire.
Vous étiez où en mai 86 ? Quand les rouges et noirs deviennent champions de France et qu’il font entrer le club en nationale ?
Yann : Moi c’est sur que j’était pas là. Mais allez, replonge nous 40 ans dans le passé. On t’écoute.
1986, quelle année. Quelle époque à Rumilly. Ce matin je m’adresse à tous nos auditeurs à qui cette année rappelle des souvenirs, ceux qui ont connu le Grand Jus Place d’Armes et les anciens tabacs. Et à ceux qui ignore tout de ce passé sportif et si glorieux. Le club de rugby, FCSR dénommé ainsi à l'époque, remporte le championnat de 83 et évolue alors depuis 2 saisons en 2eme division. Cette 3eme saison vous le comprendrez deviendra mémorable pour l’histoire du club et de la ville. Parce que le rugby à Rumilly, c’est toute une histoire.
Nous sommes le 4 mai 1986, en 8ème de finale. Rumilly joue pour gagner et l’objectif est clair, précis, ambitieux. L’objectif c’est de remporter ce match et de se qualifier pour atteindre la 1ere division la saison prochaine. Direction donc Bourgoin pour affronter Villefranche. Une mission réussie pour les joueurs du fantastique Jo Pointelain qui remporte la bataille 9 à 3. Jo Jointelain que l’on verra brandir fièrement une pasnaille au bout d’un piquet à alors tout de celui qui emmènera son équipe à la victoire finale. Henry Tracol écrivait : “Décrocher Brennus au nom de la pasnaille offrant a Rumilly et a son fier blason, pour la seconde fois, le titre de champion.”
11 mai 86. L’aventure se poursuit et nous voilà en route vers Montpellier pour affronter Vic-Bigorre en quart de finale. C’est Jean Dunand qui préside le club à l’époque. En 1986, c’est la belle époque. Jeanne Masse résonne sur toutes les ondes et on commence à croire au titre. Les Rumilliens et les joueurs du FCSR ne font déjà plus qu’un et c’est une nouvelle victoire arrachée pour Rumilly : 6-4.
Demi-finale à Issoire, nous sommes le 18 mai 86. Les co-équipiers du capitaine Christian Bel (Brillant N°9) signe une énième victoire. 17-9. Les journaux titrait : l’impossible exploit. Impossible n’est pas pour les pasnaillus. Ils ont à peine 20 ans. Ils sont nées à Rumilly, y ont grandis. Ils sont charpentiers, agriculteurs, pour beaucoup, ils sont employés chez Tefal. Paul Rivier, le PDG de l’époque ne prend d’ailleurs pas le temps de louper un seul match et on estampille des pôeles a l'effigie du club par centaines. Une semaine avant la finale, Vulli, sous la direction de Jean Vuillerme produit 2000 ballons rouges et noirs marqués FCSR 1986. Le Midi Olympique, presse officielle de l’ovalie, citait même Christian Bel et Eric Ramaux dans sa composition hebdomadaire de l’équipe idéale. Jamais Rumilly n’avait autant rayonné.
Le 1er juin 1986. Alors vous étiez où ? A nimes peut-être ? Au café des sports chez Agnes ? Vous n’étiez peu-être même pas né. Mais votre père, votre mère, pour sur arborait fièrement une écharge rouge et noir. Parce qu’en 86, à Rumilly, toute la ville supporte son équipe. Les commerces sont nombreux dans la ville à cette époque et les vitrines sont décorées en soutien aux joueurs. Ce sont des trajets en cars et des rassemblements sur les aires d’autoroute qui s’organisent. La ville est littéralement en état de fête. 22-15 c’est la victoire finale à Nîmes contre Decazeville. L’orchestre entame les allobroges en tribunes, les supporters ont fait le déplacement. Paco Carquillat signe 2 pénalités 2 transformations, un essai. Un essai de Malinjoux, un autre de Ramaux. Ces gosses comme les appelait avait fait le bouleau.
Accueillis en héros à Rumilly, les joueurs sont hissés sur un camion des transports Allemand et tous s’en vont traverser la ville aux côtés d’une foule en liesse.
Simon, Challe, Berthet, Tabada, Mathieu, Arquizan, Bouvier, Collomb, Ramel, Mathelon, , Soubeyran, et tant d’autres. Je ne peux pas ici tous les citer.. et je m’en excuse. Mais c’était une équipe de vrais copains. Une équipe soudée et fraternelle. Des rumilliens, qui avait grandi ici et qui avaient commencé à toucher le ballon tout jeune, au club de la ville. Une pensée toute particulière aussi pour Jean-Michel Sassi, qui a soigné quand les corps soumis à rude épreuve souffraient. Ce titre de 86 à forgé les bases solides et pérennes d’une équipe unie et fidèle qui multipliera encore et encore les victoires puisque en 88, le club sera de nouveau sacré champion de France et cette fois-ci, en 1ere division! Des dimanches sans fin allaient alors s’orchestrers à Rumilly. Des pelouses de stades aux dancing du Marilyn et du Scrabble. La bande de copains, portée par une vision commune, était devenue une équipe de champions.
Si je vous raconte cette histoire, c’est aussi parce que c’est un peu le début de la mienne. J’en profites donc pour saluer mes parents, et surtout mon papa Gilbert Genevois, N°5, joueur et entraineur qui a sans doute vécus à Rumilly, les plus beaux match de sa vie.
Autres actualités locales
